FAQ

    Qu’est-ce que le SYPROBIO ?

  1. Le projet d’amélioration des revenus et de la sécurité alimentaire des producteurs à travers des SYstèmes de PROduction BIOlogique diversifiés (SYPROBIO) est un projet collaboratif à caractère participatif financé par EuropeAid/UE. Le Projet est porté par l’Institut de Recherche de l’Agriculture Biologique (FiBL) Suisse associant conjointement sept partenaires de quatre pays à savoir le Benin, le Burkina Faso, le Mali et la Suisse. Prévu pour une durée de cinq (05) ans, SYPROBIO a officiellement démarré ces activités en janvier 2011 et s’achèvera en fin décembre 2015. Ce sont 4 institutions de recherche (INRAB du Benin, INERA du Burkina Faso, IER/CRRA- Sikasso du Mali et FiBL de la Suisse), 3 organisations paysannes (U-AVIGREF à Tanguiéta au Benin, UNPCB à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso et Mobiom à Bougouni au Mali) et HELVETAS Swiss Intercooperation qui a développé le programme coton-bio dans la région de l’Afrique de l’Ouest depuis 1998.
    La priorité du projet vise à fournir de l’évidence scientifique pour des techniques de production novatrices simples, économiques, protégeant l’environnement en vue de convaincre les producteurs, décideurs politiques et commerciaux de la valeur de l’agriculture biologique dans la lutte contre la pauvreté ; à faire des recommandations de politiques sectorielles par rapport à la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique et à renforcer les institutions de recherche agricole de l’Afrique de l’Ouest et du Centre
  2. Quelles sont les bases de la production agricole durable?
    L’agriculture durable est une approche de production agricole intégrée dans laquelle l’exploitation est prise dans son ensemble comme un organisme. Cette approche conduit à des pratiques qui s'appuient de préférence sur une gestion intégrée des écosystèmes plutôt que d'intrants extérieurs. Les impacts environnementaux et sociaux sont pris en compte et l'utilisation d'intrants de synthèse tels que les engrais synthétiques minéraux, les pesticides chimiques de synthèse, herbicides et autres produits agro-chimiques sont limités ou exclus. Ces types d'intrants sont remplacés par les intrants naturels, des produits phytosanitaires naturels, la fixation naturelle de l’azote et les bonnes pratiques agronomiques adaptées aux conditions locales. Ces pratiques peuvent préserver et améliorer la biodiversité, les cycles géo-biologiques, l’activité biologique du sol et la santé des agroécosystèmes.
  3. Pourquoi l'agriculture durable?
    L’agriculture durable contribue à préserver les fonctions essentielles de l'écosystème telles que la qualité et la fertilité du sol, la prévention de l'érosion et de la pollution. Les pratiques agricoles durables telles que l'agro-écologie et l'agriculture biologique permettra d'améliorer le sol et la qualité des eaux souterraines, d’accroître la biodiversité locale, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’assurer la souveraineté alimentaire du ménage. En réduisant les intrants agricoles et l'utilisation de semences non-OGM, les agriculteurs deviennent non seulement plus indépendants des sociétés agro-industries, mais aussi éviteront le risque d'exposition aux produits chimiques toxiques. En outre, il a été démontré que les revenus provenant des produits biologiques sont plus élevés et plus stables que ceux des produits conventionnels, ce qui permet un impact positif sur l'économie et la sécurité alimentaire au niveau local et familial.
  4. Quel type d'intrants agricoles durables existent-il?
    Dans la production agricole durable, la gestion de la fertilité vise à assurer une exploitation durable du sol par le renouvellement constant de son potentiel en fertilité. Ainsi, un ensemble de méthodes complémentaires est utilisé et comprend: l’intégration de légumineuses dans les systèmes de rotation, les pratiques agroforestières, la valorisation des résidus, l’apport de matière organique externe dont une grande partie peut être fabriquée dans la ferme. Lorsque les engrais verts et la fumure locale ne suffisent pas pour restaurer le sol, d’autres intrants supplémentaires sont également disponibles dans le cadre d'une production durable à savoir les engrais naturels liquides, engrais organiques commerciaux, le biochar et engrais microbiens. Supplémentation minérale peuvent inclure l'ajout de cendres, de poudre de pierre, de chaux et de phosphate de roche.
    La gestion des ravageurs consiste à créer les conditions naturelles favorables à la prolifération des ennemis naturels afin qu’ils maintiennent la population des ravageurs et donc leurs incidences en dessous du seuil économique. Pour augmenter l’action des auxiliaires, les producteurs interviennent à travers deux stratégies complémentaires: la gestion de l’habitat et l’utilisation des extraits aqueux de plantes disponibles localement (neem, papayer, téphrosia, etc). La gestion de l’habitat consiste à rompre le cycle des ravageurs en agissant sur leur habitat. Le billonnage, le sarclage à temps et l’arrachage précoce des plants après récolte, s’inscrivent dans cette approche qui est préventive.
  5. Qu'est-ce que le biochar?
    Le biochar est le charbon de biomasse utilisé pour pour stabiliser et fertiliser le sol et séquestrer le CO2 atmospherique. Il peut être facilement produit par la combustion des résidus organiques (ligneux, les résidus de récolte, et autres) dans un processus lent et sans oxygène ou très pauvre en oxygène. Le biochar lui-même ne fournit pas d’éléments nutritifs, mais retient ceux présents dans le sol. D’ou la nécessité d’un fertilisant complémentaire pour apporter ces nutriments. Cependant, il reste à comprendre comment différents types de sols répondent aux ajouts du biochar.
  6. Qu'est-ce que l'agro-écologie?
    L’agro-écologie est l'application des principes écologiques à la conception et la gestion durable des écosystèmes agricoles de l'intérieur dans un cadre plus large de différents domaines. Il peut être considéré comme une science, un mouvement, ou une pratique. L’agro-écologie lie l’écologie, la culture, les savoirs traditionnels, l'économie et la société en vue d'établir et de soutenir durablement les agro-écosystèmes, l'environnement, les produts agricoles et communauté rural sains.
  7. Qu'est-ce que l'agriculture biologique?
    L'agriculture biologique est un mode de production agricole qui offre aux consommateurs une nourriture saine tout en respectant la nature et le bien-être des animaux, en contribuant au développement des communautés rurales. Ce mode de production favorise l'utilisation de ressources naturelles au lieu d'intrants artificiels, est conforme à un Règlement strict et est soumis à des contrôles de production à la transformation mais également lors du commerce.
  8. Quels sont les avantages de la recherche participative?
    La recherche participative se caractérise par un processus de production des connaissances effectué de concert avec les acteurs de terrain. Elle a pour conséquence la valorisation du savoir local, la mise en évidence des potentialités des participants et le renforcement de leur prise de conscience à contrôler l'action. Son objectif principal est de faire participer les producteurs et acteurs locaux en tant que chercheurs afin qu'ils apprennent le mieux, et mettent en œuvre volontiers ce qu'ils ont appris. Il a également une dimension sociale - la recherche a lieu dans des situations réelles, et vise à résoudre des problèmes réels. Elle peut aussi être un moyen de construire et renforcer la capacité de prise de décision des acteurs, l’apprentissage interactif et l’autopromotion des collectivités.
  9. Comment les pratiques agricoles affectent le changement climatique?
    L'agriculture comme d’autres activités humaines est à la fois un des secteurs les plus vulnérables aux impacts des changements climatiques et un contributeur net aux émissions de gaz à effet de serre (GES): le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). La transformation chimique par GES affecte le climat. Selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en 2007, l’agriculture a été directement responsable de 13.5 % des émissions anthropiques mondiales de gaz à effet de serre (GES). Des émissions anthropiques mondiales en 2005, l'agriculture représente environ 60% des émissions de N2O et environ 50% de CH4.
  10. Comment l'agriculture durable atténue les effets du changement climatique?
    Certaines pratiques agricoles, telles le défrichage par le feu, la riziculture irriguée et l’utilisation d’engrais artificiels, peuvent causer d’importantes émissions de gaz à effet de serre. Pour atténuer ces émissions et adapter l’agriculture aux changements climatiques, il faudrait mettre en œuvre des pratiques agricoles qui permettent d’améliorer la qualité des sols et de l’eau, plus en harmonie avec l’environnement naturel. Ces pratiques ont pour objectif la gestion durable des terres, des intrants organiques, des rations alimentaires utilisées pour l’élevage et de l’eau (par exemple par une préparation minimale du sol). Concernant l’adaptation, il est urgent de développer des cultures plus résilientes face à la sécheresse, à la chaleur et aux invasions de nuisibles.
  11. Qu'est-ce que la qualité des sols?
    En termes simples, c’est aptitude des sols au bon développement des végétaux. Elle peut être définie aussi comme la capacité des sols à exercer différentes fonctions en particulier environnementales. Le sol doit être considéré comme un système vivant qui se dégage de l'équilibre et de l'interaction de ses composantes biologiques, chimiques et physiques. L'évaluation de la qualité du sol doit tenir compte de sa profondeur, texture, structure et hydromorphie. La séquestration du carbone a un impact direct sur la qualité et la fertilité du sol. Elle stabilise la structure du sol (résistance à l'érosion du vent et de l'eau) et favorise une meilleure rétention de l'eau
  12. Quels sont les indicateurs de qualité des sols et pourquoi sont-ils importants?
    Les indicateurs de la qualité des sols sont d’ordre physique, chimique et biologique. Les indicateurs exacts utilisés dépendront de la fonction et notamment à l'usage prévue du sol. Les exemples de mesure d'indicateurs peuvent-être: la teneur en matière organique, pH, l'érosion, infiltration; la stabilité des agrégats, porosité, la structure, la biomasse microbienne; carbone organique et l'azote; la texture du sol, entre autres. L'utilisation d'indicateurs de qualité des sols, nous permet de mesurer et de surveiller les différences entre divers systèmes de gestion des sols et / ou comment ils se développent à travers le temps.